mercredi 18 août 2010

Black Hole - de Charles Burns - chez Delcourt

Une étrange maladie se répand et marginalise les adolescents d'une petite bourgade américaine. Adolescence, sexe, maladie, marginalisation : des thèmes forts au cœur de ce chef d'œuvre de Charles Burns.

Artiste hors norme, Charles Burns a un parcours étonnant. Camarade de classe de Matt Groening (le créateur des Simpson et de Futurama), il n’arrive que tardivement à la bande dessinée, après avoir réalisé des pochettes d’albums comme ceux d’Iggy Pop (l’album Brick by brick). Néanmoins, le dessinateur s’est lancé de 1993 à 2004 dans une série au long cours appelée Black Hole, s’étalant sur 12 chapitres. Publiée en France chez Delcourt en 6 albums, la série ressort aujourd'hui sous forme d'une épaisse intégrale de plus de 300 pages. Figurant parmi les meilleures séries sélectionnées au festival d’Angoulême 2006, Black Hole est une œuvre captivante, dérangeante, en même temps qu'originale. Par le biais d’une narration jouant de flashbacks, l’auteur met en scène les destins et la lente descente aux enfers d’adolescents, au coeur des années 70. Malgré cette époque surannée, Burns réussit tout de même à créer un titre moderne, aux thématiques adolescentes toujours bien contemporaines. L'atmosphère pesante et angoissante se focalise autour d'une maladie se transmettant par le sexe, rappelant le SIDA. La marginalisation met quant à elle en avant les cruelles limites de notre société. Un peu éparpillé durant les premiers chapitres, Black Hole prend progressivement son envol pour mieux vous tenailler. Les personnages sont intéressants et parfois touchants. Par leurs traits fins, travaillés, se jouant d’encrages très présents, les dessins de Burns montrent une réelle personnalité. La sensation à la lecture est étonnante, sensuelle, presque malsaine ou érotique par moments. Ce titre (et son auteur) ont influencé de nombreux auteurs comme Tim Lane ou le tandem français Mezzo et Pirus (sur Le roi des mouches). Black Hole est le chef d’œuvre (pour adultes) de Charles Burns, un titre qu’il sera difficile à surpasser à l’avenir…

Mickaël

0 commentaires:

Enregistrer un commentaire