mercredi 30 juin 2010

Les Désarmés - Mezzo & Pirus (Drugstore)





On vous a déjà dit pendant l'émission tout le bien que l'on pensait du travail de Mezzo et Pirus et des 2 tomes du Roi des mouches.
Et je ne peux que vous conseiller la lecture de cette réédition.
Initialement parue en 1991 en 2 tomes , on se retrouve avec un one-shot d'une centaine de page. Réédition avec un gros travail des auteurs (retouches au niveau des dessins et des dialogues , nouvelle colorisation , nouveau lettrage). Un tel perfectionnisme est assez rare et mérite d'être souligné.
Le scénario est excellent , comme dans une partie de poker Texas Hold'em , Pirus et Mezzo nous laissent entrevoir le dénouement mais le lecteur est tenu en haleine jusqu'à ce que la dernière carte soit retournée. Tous les protagonistes de l'histoire veulent rafler la mise mais il semble bien qu'aucun n'a vraiment le jeu pour ... donc tous tour à tour chercheront à forcer le destin en trichant un peu ...
Un beau polar bien noir.

Thierry

Intégrale Alexis +Gotlib (Fluide Glacial)


Alexis est un dessinateur génial malheureusement disparu très jeune.
Le dessin d'Alexis est superbe , d'une finesse impressionante.
Il est le fondateur avec Marcel Gotlib de Fluide Glacial.
Cette intégrale (grand format) regroupe les travaux d'Alexis pour Fluide Glacial.
Pour la plupart histoires Alexis est seul au scénario. Ce qui donne des histoires SF un peu dans le style de la série TV Twilight Zone. On retrouve également des histoires avec Gotlib au scénario , notamment les hilarantes Publicité dans la joie.
Les autres collaborations avec Gotlib mais non présentes dans ce recueil sont Cinémastock et Superdupont ... que du très très bon !
Thierry

Edika - Y a d'la poisse (Fluide Glacial)


Dans la nouvelle collection petit format , Fluide Glacial regroupe 3 albums d'Edika : ce qui nous donne 140 pages de délire total.
Edika est un champion de l'absurde , très performant au niveau du nombre de dialogues imprévisibles dans une seule case.
Ses histoires partent tellement dans tous les sens qu'il lui est impossible de trouver une chute : il est devenu un grand maître des fins d'histoire pathétiques ... ce qui le fait beaucoup rire et nous aussi !
Thierry


vendredi 25 juin 2010

King City t.1 - de Brandon Scott Graham - chez Milady Graphics

En revenant à King City, Joe constate que son petit monde à énormément changé. Heureusement qu'il a son chat pour s'en sortir. Au croisement du manga et du comics, une nouvelle série déroutante et ô combien prometteuse.

En découvrant King City, les lecteurs risquent dans un premier temps d’être déstabilisé. Cet univers totalement original et barré est l’œuvre d’un jeune auteur, Brandon Scott Graham. Celui-ci montre au travers de ce premier opus un croisement étonnant entre les mangas du type Amer Béton et les comics underground. Ce positionnement étrange peut se comprendre, lorsqu’on sait que le titre est publié en Amérique du Nord chez Tokyopop, éditeur habitué à ce genre d’OVNI. King City est une série en noir et blanc, au dessin assez naïf et au trait fin et épuré. Certaines planches bénéficient d’un cadrage spectaculaire, suscitant la contemplation. L’autre point étonnant de King City est sans nul doute le scénario qui se concentre autour de Joe, un jeune garçon accompagné en permanence de son chat au nom à rallonge. Or l’animal domestique joue un rôle extrêmement important… Il est même un élément moteur du récit, puisqu’il peut tour à tour servir de perceuse, puis de skate au héros (!). Cet aspect décalé et particulièrement drôle renforce l’originalité de la série et provoque des rebondissements inattendus. Ajoutons en plus une ville où les dealeurs et les agents secrets traînent à tous les coins de rue, où des mafieux extraterrestres jouent un rôle prépondérant, et l’on se retrouve avec une histoire complètement folle. Certes, la narration n’est pas parfaite, l’auteur semblant parfois avancer à tâtons. Mais devant l’univers réjouissant qu’il propose, cela s’oublie bien vite.

Mickaël

jeudi 24 juin 2010

Pascal Rabaté au cinéma : Les petits ruisseaux



On adore ce que fait Pascal Rabaté, alors comme son premier film est une adaptation des Petits ruisseaux sortis chez Futuropolis en 2006, on vous invite à foncer au cinéma le voir. Et puis avec ce week-end spécial (place moins chère), les excuses ne seront plus acceptées !

Emission du 16/06/2010

Emission du mercredi 16 juin 2010 :

tilidom.com

Programme très riche pour cette émission :
- 4'54 - Les cahiers ukrainiens - par Igort - chez Futuropolis
- 9'15 - Rue des chiens marins - de Michel Constant - chez Le Lombard
- 13'06 - Freak Angels t.1 - de Warren Ellis et Paul Duffield - chez Le Lombard
- 17'10 - Les désarmés - de Mezzo et Pirus - chez Drugstore
- 23'39 - Intégrale Alexis et Gotlib - chez Fluide Glacial
- pause musicale
- 31'29 - Le poilu - d'Olivier de Rességuier - chez Delcourt
- 35'14 - Nous ne serons jamais des héros - d'Olivier Jouvray et des frangins Salsedo - chez Le Lombard
- 38'47 - DareDevil Noir - d'Alexander Irvine et Tomm Coker - chez Panini
- 40'42 - Kick Ass t.2 - de Mark Millar et John Romita Jr - chez Panini
- 41'11 - le coup de gueule sur Panini...
- 43'17 - L'âge des corbeaux - de Parno et Jicé - chez Vents d'ouest
- 46'02 - Ingmar t.4 - de Spiessert et Bourrhis - chez Dupuis
- 48'27 - Akissi - de Marguerite Abouet et Mathieu Sapin - chez Gallimard
- 50'07 - Scott Pilgrim t.2 - de Bryan Lee O'malley - chez Milady Graphics
- 50'50 - Doubt t.4 - de Yoshiki Tonogai - chez Ki-oon
- 52'12 - Sexorama - de Manuel Bartual - chez Fluide Glamour

La prochaine émission aura lieu le 30 juin et sera consacrée aux coups de cœur des derniers mois , à ne pas manquer !

mercredi 23 juin 2010

La parenthèse - d'Elodie Durand - chez Delcourt

Alors qu'elle n'a que 21 ans, Judith sombre dans une maladie terrible où les souvenirs semblent la fuir. Un témoignage autobiographique ludique, efficace et terriblement émouvant.

Lutter contre l'adversité n'est pas toujours aisé. Les épreuves sont nombreuses et parfois le travail à effectuer sur soi-même peut aussi être difficile. Avec La parenthèse, Elodie Durand raconte une histoire, la sienne : lors de ses 21 ans, des troubles de mémoire de plus en plus réguliers ont rendus sa vie impossible, et ce, durant plusieurs années. La situation fut telle, qu'elle oublia les bases et même jusqu'à son prénom. Le récit est parfaitement narré et utilise aussi bien le discours direct (avec Judith, l'alter ego de l'auteure), qu'indirect (avec sa mère). Malgré le contexte médical, La parenthèse nous épargne les incompréhensibles termes médicaux. Bien au contraire, Elodie Durand rend l'ensemble très didactique, expliquant ainsi chacun de ses examens. La grande force de cet ouvrage est son caractère émouvant et prenant, malgré la difficulté des épreuves endurées. Le titre ne tombe jamais dans le pathos et l'on accompagne néanmoins véritablement ce personnage (réel) dans ce cauchemar. Les dessins bénéficient d'un trait simple et épuré, agréable, entièrement en noir et blanc. Elodie Durand a eu l'idée assez osée d'inclure à certains moments clés des dessins réalisés à l'époque de sa maladie. La parenthèse a la force du témoignage et s’avère avant tout une formidable leçon de vie. Une lecture saisissante !

Mickaël

lundi 21 juin 2010

Santa Riviera - de Morvandiau & Mancuso - chez Les requins marteaux

A Santa Riviera, une dizaine de personnes voient leurs destins se relier... et ainsi naissent amours et trahisons entre eux. Un pastiche de série télé totalement délirant et donc fortement conseillé !

Santa Barbara, tu me diras pourquoi, j’ai le mal de vivreuh… Ces mots extraits du générique de la fameuse série de telenovelas (séries brésiliennes à l’eau de rose) des années 80 ont dû longuement trotter dans la tête de Morvandiau, pour que celui-ci ait l’envie de pondre un pastiche totalement décalé avec Santa Riviera. En racontant le parcours d’une poignée de personnages enchaînant les coups du sort et les dragouilles de bas étages, le scénariste utilise une narration originale. Découpé en 8 parties, l’ouvrage est séparé par de fausses publicités à l’humour bien acide, où se font étriper les traitements antidépresseurs, les mutuelles et Alain Minc (la Ferraille’s touch, chère aux Requins marteaux, donc). Entre des rebondissements ahurissants et un humour corrosif, ce venin des passions est un titre dont les amateurs des Requins marteaux se délecteront. En plus, les dessins de Mancuso sont soignés, son trait fin est sublimé par un encrage précis. Son style rappelle même par moments celui de Pirus sur Le roi des mouches. L’autre élément marquant de Santa Riviera est la tronche des protagonistes, pour la plupart tirés de stars existantes ou décédées, comme Lady Diana, Charles Bronson ou même l’Inspecteur Derrick (dans une case bien cachée). Les histoires d’amour n’ont jamais étaient aussi venimeuses. Cela se déroule dans Santa Riviera, une brique dans le soap (et pas une brique de soupe).

Mickaël

vendredi 4 juin 2010

Emission du 02/06/2010

Emission du mercredi 2 juin 2010 :

tilidom.com

Emission spéciale : panorama d'artistes et de BD que nous avons trouvé dérangeants , à la manière de Sade , Ballard ou Easton Ellis en littérature ou de Jérôme Bosch ou James Ensor en peinture.
La Bédé sait parfois montrer d'inquiétants crocs ...soit par le ton du récit, soit par le style graphique de l'auteur, bref nous vous proposons une plongée dans le bizarre et l'étrange au coeur du 9ème Art.

Albums : Ne touchez à rien de Bézian & Simsolo (Albin michel), No comment d'Ivan Brun (Drugstore), Ivan Morve de Mattt Konture (L'Association), Aspic voisine de Monsieur H (La boîte à bulles), Six cent soixante-seize apparitions de Killoffer de Killoffer (L'Association), Ice cream d'Anthony Pastor (L'an 2), Le monde merveilleux des vieux de Laëtitia Coryn (Drugstore) et Le vagabond de Tokyo résidence Dokudami de Takashi Fukutani (Le Lézard Noir).

Graphzine : Bazooka (Kiki Picasso , Loulou Picasso , Olivia Clavel , Lulu Larsen , Bernard Vidal , Jean Rouzaud et Ti5 Dur) , Elles sont 2 sortie (Pascal Doury & Bruno Richard) , Romain Slocombe , Stéphane Blanquet , Stronx (Fredox) , le Dernier Cri (Paquito Bolino & Caroline Sury).

mardi 1 juin 2010

Irrécupérable t.1 - de Mark Waid et Peter Krause - chez Delcourt

Le Plutonien a longtemps été le protecteur du monde. Mais à force d'être trahi, celui-ci penche dans une folie destructrice. Une vision follement intéressante des mythiques super héros.

Depuis fort longtemps, l'univers des super héros était manichéen au possible. Et puis sont apparus les Watchmen, et ce postulat s’est mis à changer. Des scénaristes audacieux ou talentueux (c'est selon) comme Warren Ellis sur Authority et Black Summer (entre autres), ou Ed Brubaker sur Incognito, ont développé de nouvelles perspectives pour ce type de personnages. Un autre auteur a décidé de se lancer dans un projet similaire : il s'agit de Mark Waid, directeur de Boom Studios, mais surtout scénariste chevronné de Kingdom Come ou d'Hunter Killer. Un habitué du genre, qui se permet là aussi une digression du mythe des plus salvatrices. En suivant le Plutonien, un Superman blond et sans cape, l'auteur dévoile un héros antipathique, qui a été longtemps l'idole et le protecteur de la Terre et qui, du jour au lendemain, bascule dans la folie pour détruire tout ce qu'il a protégé jusqu'alors. Pourquoi ? Comment en est-on arrivé là ? Mais pourquoi est-il si méchant ? Le scénariste dissémine ici et là quelques petits éléments de réponses et maîtrise parfaitement l'exercice. Intéressant et même captivant, ce gigantesque pétage de plomb est illustré par Peter Krause, un illustrateur connu pour sa participation à la série Shazam et qui a longtemps été freelance, avant de revenir sur une série : celle-ci. Son style est très classique et fonctionne assez bien, même si certaines cases semblent un ton en dessous. Irrécupérable, Irredeemable en version originale, explore un peu plus le Mal qui ronge chacun de nous, que l'on soit un super héros ou non. Il mérite à ce titre tout votre intérêt.

Mickaël