mardi 31 août 2010

La Team Komic Strips revient demain dès 20h !

Certains membres de l'équipe ne l'ont peut être pas autant mérités que les autres mais les vacances ont bel et bien permis à nous aussi de nous reposer (il le fallait) et de nous préparer au véritable marathon des sorties BD de cette rentrée 2010. Au vue des nombreuses parutions, demain dès 20h sur le 93.6FM nous essaierons de vous faire un chouïa le tri parmi cette gigantesque marée de papier. Ne ratez donc pas le retour de Komic Strips, la seule émission de radio sur les ondes et le net qui décrypte l'actu' BD-comics et mangas sans langue de bois par notre équipe revigorée. Le rendez-vous est pris....

dimanche 29 août 2010

Artères souterraines - de Warren Ellis - chez Au diable Vauvert

Un détective privé loser est engagé pour retrouver un livre mythique : la seconde Constitution des Etats-Unis. Humour noir et critique acerbe des USA, pour un polar (roman) en forme de road book corrosif.

L'histoire : Je m’appelle Michael McGill. Après avoir œuvré durant près de 5 années chez Pinkerton, la célèbre agence de détectives, j’ai décidé de voler de mes propres ailes : j’ai ouvert mon propre cabinet de privé. Depuis, on ne peut pas dire que le sort me sourit : pas une seule affaire. Ou alors des choses étranges, comme le cas des viols tantriques d’autruches… Parfois, je laisse moi-même un message sur mon répondeur, pour voir s’il fonctionne correctement. L’ennui me gagne et j’en ai presque fini par oublier quel jour on était. Pour une fois, je regarde à l’extérieur du bâtiment merdique dans lequel mon bureau se trouve (mon nom est presque effacé de la porte). Là, quelque chose d’inattendue. Une voiture noire est garée en contrebas. A peine l’idée m’effleure-t-elle que les passagers puissent être venus pour moi, que deux hommes en costards, bâtis comme des déménageurs, rentrent dans mon précieux office. Un vieil homme les suit de près. Je le reconnais immédiatement : il s’agit du chef du cabinet des Etats-Unis. Celui-ci veut m’engager pour une drôle de mission. Pourtant, plus malchanceux que moi, ça n’existe pas… Et on me demande néanmoins de retrouver la deuxième Constitution des USA, écrite de la main-même des pères fondateurs. Au vue de la récompense, des notes de frais possibles et de ma situation économique sentant le cramé, j’accepte. Mais je n’ai aucune idée d’où je viens de mettre les pieds. J’ai l’impression que cela ne sent pas très bon. Mais putain, pourquoi moi ?

Auteur réputé et reconnu dans la sphère comics, Warren Ellis a rapidement imposé sa patte dans un milieu éditorial pourtant rigide. Malgré des participations à des séries mainstream comme Iron Man ou Wolverine, ce sont surtout des titres plus ambitieux, comme Transmetropolitan ou Authority, qui l’imposent comme l’un des scénaristes les plus intéressants de ces dernières années. Comme beaucoup d’auteurs, Ellis a eu l’envie d’écrire un roman. Il s’est lancé et en 2007 sortait aux Etats-Unis Crooked little vein, rebaptisé Artères souterraines en France. Devenu écrivain, le scénariste raconte l’histoire de Michael McGill, un détective privé à qui rien ne sourit et qui a une malchance tenace. Engagé par un grand ponte du gouvernement, il doit retrouver la trace d’un livre tenant du mythe : la seconde Constitution des Etats-Unis. Vous vous douterez, vu la bibliographie de l’auteur, que le titre verse dans le polar noir grinçant et choquant. Dans un certain sens, on pourrait rapprocher ce roman de deux comics : Desolation Jones, pour le côté sordide des rebondissements et Fell pour le côté décalé des situations. La traduction de Laura Derajinski rend hommage à la plume acide d’Ellis et les nombreux thèmes s’enchaînent vite. Entre le sexe, Internet, les serials killer, la politique, la culture… rien n’échappe au scénariste-romancier. Les pérégrinations de McGill (et de sa surprenante assistante) sont captivantes, parfois saumâtres, souvent drôles et jamais ennuyeuses. Un livre qui se dévore d’une traite et marque les esprits, à n’en point douter…

Mickaël

P.S. : vu qu'Artères souterraines est le premier roman pour lequel j'ai réalisé une chronique, j'espère que celle-ci sera suffisamment réussie pour que vous ayez envie de découvrir ce livre.

mardi 24 août 2010

Real t.9 - de Takehiko Inoue - chez Kana

Au contact de Shiratori, un ancien catcheur devenu handicapé il y a peu, Takahashi voit sa perception du monde changer peu à peu et semble doucement s'ouvrir aux autres. Une formidable leçon de vie mise en images par l'auteur de Vagabond.

En menant de front deux séries, Takehiko Inoue pourrait parfaitement se disperser et soutenir un des deux projets plutôt qu’un autre. Pourtant, cela n’est pas le cas et Vagabond tout autant que Real restent des titres d’exception. Bien que plus irrégulier au niveau des parutions (un luxe que seuls certains mangakas peuvent se permettre), Real est l’un des titres les plus appréciés du Young Jump dans lequel il est publié. Racontant le quotidien de plusieurs personnages aux personnalités et aux parcours très différents, l’histoire met en avant la lutte de chaque instant pour trouver sa voie dans la vie et ce, quelles que soient les difficultés pouvant se présenter devant soi. La grande force du scénario d’Inoue est de ne jamais s’apitoyer sur le sort réservé à certains protagonistes : Takahashi a beau être devenu handicapé, il reste antipathique au possible mais, au fil du temps, commence à s’accepter lui-même et donc à partager plus de choses avec les autres patients. Loin de se focaliser sur le seul Takahashi, ce nouvel opus se recentre également sur Nomiya qui a lui aussi tout l’air d’avoir fait des choix et de s’y tenir. Cette évolution douce et permanente des personnages est une des grandes forces du scénario qui bénéficie d’un travail de narration impressionnant. Si les dessins de l’auteur de Slam Dunk sont assez différents ici de ceux de Vagabond, bien que son trait soit parfaitement reconnaissable, ils n’en demeurent pas moins soignés. Real dévoile de façon subtile les épreuves que tout un chacun peut être amené un jour ou l’autre de sa vie à rencontrer, et démontre combien cela vaut la peine de s’y raccrocher. Absolument génial.

Mickaël

mercredi 18 août 2010

Black Hole - de Charles Burns - chez Delcourt

Une étrange maladie se répand et marginalise les adolescents d'une petite bourgade américaine. Adolescence, sexe, maladie, marginalisation : des thèmes forts au cœur de ce chef d'œuvre de Charles Burns.

Artiste hors norme, Charles Burns a un parcours étonnant. Camarade de classe de Matt Groening (le créateur des Simpson et de Futurama), il n’arrive que tardivement à la bande dessinée, après avoir réalisé des pochettes d’albums comme ceux d’Iggy Pop (l’album Brick by brick). Néanmoins, le dessinateur s’est lancé de 1993 à 2004 dans une série au long cours appelée Black Hole, s’étalant sur 12 chapitres. Publiée en France chez Delcourt en 6 albums, la série ressort aujourd'hui sous forme d'une épaisse intégrale de plus de 300 pages. Figurant parmi les meilleures séries sélectionnées au festival d’Angoulême 2006, Black Hole est une œuvre captivante, dérangeante, en même temps qu'originale. Par le biais d’une narration jouant de flashbacks, l’auteur met en scène les destins et la lente descente aux enfers d’adolescents, au coeur des années 70. Malgré cette époque surannée, Burns réussit tout de même à créer un titre moderne, aux thématiques adolescentes toujours bien contemporaines. L'atmosphère pesante et angoissante se focalise autour d'une maladie se transmettant par le sexe, rappelant le SIDA. La marginalisation met quant à elle en avant les cruelles limites de notre société. Un peu éparpillé durant les premiers chapitres, Black Hole prend progressivement son envol pour mieux vous tenailler. Les personnages sont intéressants et parfois touchants. Par leurs traits fins, travaillés, se jouant d’encrages très présents, les dessins de Burns montrent une réelle personnalité. La sensation à la lecture est étonnante, sensuelle, presque malsaine ou érotique par moments. Ce titre (et son auteur) ont influencé de nombreux auteurs comme Tim Lane ou le tandem français Mezzo et Pirus (sur Le roi des mouches). Black Hole est le chef d’œuvre (pour adultes) de Charles Burns, un titre qu’il sera difficile à surpasser à l’avenir…

Mickaël

dimanche 8 août 2010

Teddy Bear - de Gess - chez Drugstore

Enquêtant sur des massacres, deux policiers apprennent que le responsable serait un virus contenu dans un jouet ordinaire : un ours en peluche. Réédition en intégrale d'un récit d'anticipation et d'action, par Gess !

Publié entre 1992 et 1995 aux éditions Zenda, Teddy Bear est la première série de Gess. Le travail de cet auteur fut reconnu par la suite pour sa série Carmen McCallum, dont il assura le dessin des 8 premiers tomes. Sur les 3 tomes initiaux de Teddy Bear, Gess a la double casquette de scénariste et de dessinateur. Dans un contexte futuriste breton ( !), on suit l’enquête de deux flics qui ne s’apprécient guère, entremêlant des thématiques comme l’écologie, le terrorisme, le clonage et le capitalisme exacerbé. Évitant l’écueil de la narration lourde et détaillée, Gess mixe son récit dans une histoire efficace et distrayant, où tout se déroule à 100 à l’heure. L’utilisation d’un ours en peluche (d’où le nom de la bande dessinée) comme une arme de destruction massivement contagieuse est un élément décalé, tout comme la présence d’un personnage looké comme Elvis… Le dessinateur impressionne avec des dessins très détaillés ; les influences des comics comme ceux de Geoff Darrow se font quelque peu sentir. Pour le coup, son style est très différent de celui qu’il adopte sur La brigade chimérique. Les personnages et leurs décors sont travaillés et en mettent plein la vue. Imaginez Blade Runner sans la pluie ! Un bel exploit, donc, pour un titre qui a déjà une vingtaine d’année !

Mickaël

jeudi 5 août 2010

Pizza Warrior (l'intégrale) - de Jean-Louis Tripp et Didier Tronchet - chez Drugstore

Rien ne va plus pour Jean-Claude : Agnès le largue, il se fait voler la mobylette du boulot et se sent désespérément seul. Un jour, Mariana croise sa route. Réédition en intégrale du diptyque Le nouveau Jean-Claude.

Personnage phare de Didier Tronchet, Jean-Claude Tergal est l’archétype du loser ultime, pathétique et romantique, qui n’a pourtant jamais de véritables opportunité avec les filles. En créant l’aventure parallèle du Nouveau Jean-Claude – et en modifiant légèrement pour ce faire son héros – l’auteur s’est lancé en 2002 un double défi à travers un diptyque de bande dessinée + un film. Rebaptisé aujourd’hui Pizza Warrior à l’occasion de la réédition en intégrale de ces albums, l’ouvrage est en plus complété par de truculents bonus : storyboard (un extrait) et quelques photos du tournage. Le recueil raconte donc les mésaventures amoureuses de Jean-Claude, statue vivante le jour, livreur de pizza la nuit, et son parcours du combattant pour draguer la jolie Mariana. Son histoire d’amour est bien évidemment ponctuée de l’humour tendre et cruel, si caractéristique de l’œuvre de Didier Tronchet. Illustré par Jean-Louis Tripp (oui, oui, celui de Magasin général), cet épais opus est une quête annexe et presque uchronique dans la vie du Tergal, mais elle n’en demeure pas moins fort sympathique à redécouvrir.

Mickaël