Jake a du mal à trouver sa place dans la société. Il apprend à vivre en lisant le journal intime de son défunt père, décrivant comment les poulets sont devenus les égaux des hommes. Un récit intimiste riche en émotions.Auteur philippin, Gerry Alanguilan s’est fait connaître en tant qu’encreur aux États-Unis sur des séries comme X-men ou Batman. Pourtant, son art ne se limite pas à ce travail de l’ombre dans le milieu des comics, puisqu’il a lui-même créé des titres comme Wasted ou encore Elmer. Auréolé d’une belle réputation et conseillé par Neil Gaiman, ce dernier titre est un roman graphique totalement atypique. L’histoire, tout d’abord, met en scène une famille de poulets. Plus particulièrement, Jake apprend grâce au journal intime de son père, la vérité sur les premiers gallinacés qui sont devenus intelligents et qui au fil des années, et après de nombreux massacres, sont devenus les égaux des hommes. Loufoque de prime abord, le récit n’en est pas moins extrêmement bien fichu. Emouvantes, drôles et jamais ennuyeuses, les 140 pages d’Elmer se délectent avec intérêt. En montrant ainsi une population ostracisée par les humains, l’auteur dévoile les défauts de ces derniers et surtout les maux qui polluent notre espèce depuis les temps anciens. Elmer est une lecture décalée à la thématique universelle. Surtout, elle propose une véritable réflexion sur la nature humaine. Que se passerait-il si une espèce animale devenait subitement intelligente ? Continuerions-nous à la manger ? Serions-nous pris d’une envie de l’éradiquer ? De nombreuses questions peuvent s'ajouter à celle-ci... Sous ses allures de titre léger, Elmer s’impose comme une œuvre très aboutie. Les dessins sont d’ailleurs parfaitement en phase avec le récit. Soigné et parfaitement encré (le contraire aurait été un comble !), Elmer est à lire avant que les poules aient des dents !
Mickaël

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